Je trouve cela très, très inquiétant que même parmi les chercheurs il y ait des gens qui trouvent cela acceptable d’évaluer un chercheur par son nombre de publication. 🤦​🤦​🤦​

Donc, histoire de remettre les pendules à l’heure : youtube.com/watch?v=42QuXLucH3

Pour éviter le biais du survivant, il faut impérativement n’évaluer un papier scientifique que sur s’il est scientifique ou non, pas sur ses résultats. Si on commence à imposer que le papier ait une certaine valeur (de résultat, donc…), on vient d’introduire un biais du survivant… ce qui détruit tout le caractère respectable et scientifique du système d’évaluation par les pairs ! Donc non, non, non : le nombre de publication acceptée est un des pires critères que l’on peut choisir pour l’évaluation d’un chercheur !

(Au passage, ça rend aussi une bonne partie de la recherche actuelle non-scientifique… Il est vraiment temps que l’on enseigne la méthode scientifique aux gens !)

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@MartinShadok
Tu penses quand même pas que les capitalistes qui veulent du ROE vont lire les papiers, que presque personne ne lit. Non, ils veulent des indicateurs, peu importe lesquels.

@im Je suis forcément très naïf sur ce genre de points 😊

Mais ce que j'imagine, ça serait genre : pour départager des candidats, chacun écrit un projet de recherche qui contient des résultats possibles au terme du projet, avec une évaluation de leur plausibilité. Un comité scientifique (qui n'a pas à être forcément très nombreux, d'ailleurs, tant qu'ils maîtrisent le sujet et aient déjà lu un ou deux papiers du candidat) estime la véracité de ces plausibilités, puis un comité politique choisi alors. Ils ne choisiraient non pas sur les papiers, mais sur le rapport du comité scientifique et sur les objectifs voulus sur le long terme.
Et bien sûr, un tel projet devrait proposer un certain temps de revue des pairs et de réplications d'expériences.

C'est un petit comme ça que ça se passe parfois (à part le temps de revue et de réplication…), mais j'ai l'impression que le nombre de publications est toujours pris en compte en pratique... alors que ça a justement tendance à pourrir la Science. 😕

@MartinShadok Ce que je voulais dire, c'est que les indicateurs n'ont pas pour but d'évaluer la qualité scientifique de la recherche. Ces indicateurs ont été développés (dans les années 50 je pense) d'abord pour identifier quelles ressources les bibliothèques doivent acquérir. Puis, ils ont étés détournés par les propriétaires de capitaux, afin, croyaient-ils, d'avoir des éléments objectifs, qui ne dépendent pas de la communauté scientifique, pour savoir sur quel cheval parier.

@MartinShadok Le problème est plus politique (qui possède quoi et donc qui décide quoi) qu'autre chose.

Le plus étonnant, c'est que ça n'a pas toujours été ainsi, même dans le clan des capitalistes. À l'époque où les bénèf' s'engrangeaient facilement, pour diverses raisons, même les gros financiers étaient d'accord pour mettre de la thune à fond perdu dans la recherche fondamentale et savaient qu'il faut pouvoir chercher sans espérer trouver pour que ça soit vraiment utile. Époque révolue.

@im Dans un contexte professionnel, je continue de considérer que les politiques doivent avoir un mot à dire sur les directions de recherche à long terme… car dans ce contexte je considère que les politiques et le peuple, c'est la même chose (ou qu'ils ont des décisions compatibles pour le moins). Dans la pratique, c'est clairement faux. 😕 Mais même comme ça, je me refuse de trop utiliser un jugement personnel sur quelque chose qui me semble ne devrait pas n'être guidé que par ma seule volonté. Je remarque mon incohérence, cependant 😕 C'est chaud.

À me relire, ce n'est pas super clair, mais je considère qu'il y a des décisions (expérimentations sur l'humain, certaines utilisations extrêmes du machine learning qui amplifie certains biais, des recherches qui utilisent de nombreuses ressources, etc.) pour lesquelles la société devrait avoir son mot à dire, pas juste les scientifiques dans leurs coins.

@MartinShadok Ah mais tout à fait d'accord, ce serait bien que les citoyennes et les citoyens puissent accéder à la production scientifique (open access, par exemple) et influer sur les objectifs et les moyens de la recherche. Ça se fait parfois en Suisse, on vote sur l'autorisation ou non de la recherche sur les cellules souches, par exemple.

Mais dans le domaine scientifique comme dans tous les autres, le groupe social qui a un impact sur ces choix, ce sont les propriétaires de capital.

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Pouet

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