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Ma mère me raconte l'Assemblée primaire dans son village. Les citoyennes et les citoyens se réunissent en assemblée pour décider des propositions de l'exécutif. En effet, au vu de la taille du village, il n'y a pas d'assemblée d'élues et d'élus. Du coup, tout le monde peut participer et décider.

Résultat, un projet de fast food drive in avec banque près d'un rond-point, refusé, projet pas clair, emplois précaires. Mais accord pour investir 3.2 millions dans le bâtiment de l'école.

C'est ce qui s'appelle démocratie. Le représentant des investisseurs étrangers a été un peu surpris. :D

@im Ah nice, je ne savais pas qu'ils avaient la landsgemeinde là-bas.

@Faket C'est vraiment au niveau communal, lorsque le village n'est pas assez grand pour avoir une assemblée élue. Je ne connais pas le seuil, mais c'est genre 3-4000 habitantes et habitants, je pense.

@im Ce n'est pas le cas à Genève, à Genève en dessus de 3'000 habitants il y a un CA composé de 3 membres, en dessous il y a un·e Maire et deux adjoint·e·s.

@22Decembre C'est pas forcément idyllique, d'ailleurs, les gens des partis très à droite y étaient sur représentés, et il n'y a pas eu de discussion sur le droit de étrangers, par exemple.

Mais c'est démocratique. Et ça fonctionne ainsi depuis environ 150 ans.

Maintenant, ce n'est pas pour rien que dès que j'ai pu le faire, j'ai déménagé dans une grande ville. La pression sociale y est moins forte...

@im donc tu as fuis la démocratie !

Voilà un aspect de la chose sur laquelle on fait peu de réflexion.

@22Decembre Non, j'ai fui la pression sociale. Mais oui, je pense aussi que rétablir la démocratie, c'est aussi perdre les illusions d'individualité sans attache, qui est au fond un concept foireux et dont on souffre en bonne partie. C'est surtout devoir endosser la conflictualité inhérente à la prise de décision collective. L'idyllique n'est pas de ce monde, tout est douleur, disait l'autre.

@im

>c'est aussi perdre les illusions d'individualité sans attache, qui est au fond un concept foireux

La joie de la dictature sociale, de se faire imposer ses choix de vie...

Hmmmmmm !

@22Decembre Ben, si c'est une décision collective, on fait comment ?

Je veux dire, la liberté totale des choix de vie, c'est de toute manière une illusion.

Maintenant, si on prend des discussion collective, y a moyen de s'organiser pour porter la voix des minorités, des marginaux, etc. C'est pas simple, et il y a des dérives connues. Des méthodes de recours connues aussi.

@im

Tu raconte un truc qui ressemble beaucoup à la Chine...

Là bas effectivement, c'est comme ca que ca fonctionne.

@im Bah raconte ce que tu veux.

Parce que moi quand tu dis "les illusions d'individualité sans attache, qui est au fond un concept foireux"

Ca y ressemble.

"Je veux dire, la liberté totale des choix de vie, c'est de toute manière une illusion."

Encore une fois, ca y ressemble.

T'as jamais décris ce qui comptait pour toi, ce que tu entendais...

@22Decembre Alors, il faut qu'on reprenne calmement, et qu'on s'écarte des extrémités repoussantes, à savoir l'individu sans attache et la contrainte sociale sans limite. Mes excuses si j'ai participé à bloquer la discussion dans ce sens.

Mais ce sera plus tard, là je suis un peu stress.

@im

Ok, merci de preciser.

Et prends soin de toi d'abord.

@22Decembre Oui, j'essaie de le faire, pas d'inquiétude.

Je vais essayer de remettre en place le contexte de départ, mon point de vue, ce que je pense comprendre du tien. Du coup, ça risque de prendre plusieurs posts.

1/n

@22Decembre Petite précision aussi, je n'ai pas, pas encore, pris connaissance de la suite de la conversation avec @Lapineige Il risque donc d'y avoir de la redite.

2/n

@22Decembre Au départ, il y a mon partage de l'assemblée populaire du village de ma maman, qui me semble un exemple intéressant, parmi d'autres, d'une expérience de ce qu'est la démocratie, dans laquelle les personnes concernées participent aux décisions… qui les concernent. Du moins, les personnes qui ont pu, ont eu envie, ou le courage, ou l'habitude, de participer à l'assemblée. 3/n

@22Decembre Je pense pouvoir dire que tu as montré un intérêt à cette expérience tout en précisant que ce n'est pas toujours aussi idyllique. À quoi j'ai voulu répondre que ça ne l'avait peut-être pas été, puisque mon témoignage indirect (je n'y étais pas) s'est concentré sur deux résultats, apparemment positifs, mais je ne sais rien de la manière dont se sont déroulés les débats, ou les autres décisions. 4/n

@22Decembre Enfin, si une, la demande faite à l'exécutif de mieux défendre les passages piétons face à la confédération (l'étage national de la fusée à trois étage helvétique : commune, canton, confédération.

Bref, en apparence, c'est chouette. Comme tu l'indiques, ce n'est pas assuré, et j'ai signalé qu'en effet il n'avait pas été à ma connaissance été question des droits des étrangers, par exemple, auquel cas la décision aurait pu être autre. 5/n

@22Decembre D'une part, c'est le jeu de la démocratie, les gens peuvent décider des choses pas sympa, de mon point de vue. C'est le jeu, la lutte, des opinions. Étant de gauche, je constate qu'en général je fais partie des gens qui perdent à ce petit jeu. Pourtant, il m'est cher.

D'autre part, un autre point qui n'est pas idyllique, c'est la manière dont ça se passe, ces villages sont souvent assez conservateurs, pas toujours sensibles à la différence… 6/n

@22Decembre C'est peut-être pour cela qu'il y a des gens qui n'y participent pas, ou qui n'osent pas défendre leur point de vue. Ce deuxième point, à mon avis, correspond à la pression sociale, qui peut être pénible, voir insupportable. Le premier point étant l'orientation plutôt conservatrice « des gens », en moyenne.

Je pense que c'est, au moins, à ces deux points que tu faisais référence avec le fait que ce n'est pas toujours aussi souriant que mon message ne le laissait entendre. 7/n

@22Decembre Oui, à 20 ans, j'ai eu l'occasion de pouvoir m'éloigner de ce genre de contexte, grâce à l'absence d'université dans mon coin, m'obligeant, donc me permettant d'aller voir la ville et je n'ai pas de regret.

Par contre, ma fuite était illusoire. En ville, la pression sociale existe encore, différemment. Et toujours à gauche, même si il n'y a pas d'assemblées, à chaque votation ou presque, je fais partie des perdants. 8/n

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