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« À quoi reconnaît-on le gorafique ? À ce qu’il nous fait entrer dans une zone d’indistinction. Il y a du gorafique chaque fois que, confronté à une déclaration politique, on n’est plus en état de déterminer si elle est réelle ou grossièrement contrefaite à des fins d’épaisse caricature. »

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« On reconnaît le gorafique à ce que les amuseurs ordinaires sont à la ramasse. Mai 68 avait appelé à ce que l’imagination soit au pouvoir, l’y voilà. Du sommet de l’Etat tombent maintenant en cataracte des dadaïsmes d’une audace inconnue. Le Gorafi ne peut pas en faire l’aveu public, mais lui-même est à la peine. »

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« On sait aussi que si le gorafique est le fait majeur de notre temps — et maintenant on le dit presque sans rire —, c’est parce qu’il s’est placé exactement sur le nerf de l’époque : l’obscénité déchaînée, sans limite, des gouvernants. La rupture définitive d’une oligarchie devenue folle d’avec le reste de la société se manifeste d’abord dans la langue. On se doute que cette sécession lexicale ne date pas d’aujourd’hui. »

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« Ainsi la crise organique rebat-elle profondément les données de la sélection politique : elle se met à promouvoir les déréglés. Alors s’ouvre la période des énergumènes. »

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« Sarkozy a été le premier d’entre eux — corps et langage désarticulés, énervement permanent. Si Hollande, élu sur une promesse de « normalité », a été comme un flan mal démoulé, Valls s’est offert à tenir la continuité dans l’insane, avec des effets rien moins qu’anecdotiques puisqu’on lui doit l’installation probablement durable dans le paysage politique d’un nouveau segment : la gauche d’extrême-droite. »

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« Il faut cependant admettre que Macron est d’une autre étoffe. Faute d’une analyse technique, munie des catégories adéquates, et dont il serait urgent que des spécialistes la proposent, on en reste avec le sentiment commun, mais d’une intuition très sûre, que Macron est complètement cinglé. C’est moins sa mégalomanie, pathologie presque bénigne à ce niveau de la politique, que son rapport aux mots qui n’en finit pas de trahir son dérèglement psychique. »

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@im Toujours aussi croustillants ces articles de Lordon. Un vrai plaisir à lire, grinçant, érudit et tellement vrai, à chaque fois.

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Pouet

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